Cure d’amaigrissement drastique pour les forces armées britanniques

© Jean-Jacques CECILE, 19 aoû 2010



On le sait : les militaires de Sa Très Gracieuse Majesté se préparent à subir des coupes sombres d’une ampleur inégalée. Petit à petit filtrent dans la presse des informations dont la divulgation a très certainement pour but d’amortir le choc. C’est ainsi que, sous la plume de Thomas HARDING, The Telegraph a rendue publique une liste de mesures à l’étude qui, si elles sont toutes implémentées, ce qu’il apparaît prématuré de prétendre, feraient des forces armées britanniques un colosse aux pieds d’argile. Récapitulons :
Les forces terrestres. Suppression d’une brigade, probablement la 7 Armoured Brigade ou la 20 Armoured Brigade, lors du retrait d’Afghanistan en 2015. Dans l’ensemble, les réductions concerneraient 40 % sur une flotte de 9 700 véhicules blindés. Possibilité d’amalgame, sous contrôle de l’armée de terre, de la 3 Commando Brigade Royal Marines avec deux bataillons du Parachute Regiment dans une seule et même unité d’élite. Même si cela n’est pas précisé, cela se traduirait très probablement par une réduction des effectifs par rapport à ceux de la 3 CBRM actuelle ;
La Royal Air Force. Retrait de l’ensemble des chasseurs-bombardiers Tornado GR4, soit 120 appareils. Economie attendue : 7,5 milliards de Livres Sterling sur cinq ans. Acquisition d’un nombre réduit de Typhoon : 107 alors que la planification prévoyait jusqu’à présent l’achat de 160 appareils. Retrait de la totalité de la flotte de 36 C-130 Hercules au profit d’un programme d’équipement portant sur 22 A400M. Annulation du projet d’acquisition de neuf Nimrod MR4 ;
La Royal Navy. Perte de contrôle de la 3 Commando Brigade Royal Marines. Perte de deux sous-marins ainsi que de trois navires de débarquement.
Le Defence Strategy Group, un conseil formé de ministres ainsi que de généraux et d’amiraux, va se voir d’ici à la fin du mois d’août proposer un certain nombre d’options qu’il va se charger de préciser avant de les transmettre en septembre au National Security Council. Le couperet tombera en octobre dans le cadre d’une annonce au Parlement. La cure d’amaigrissement n’exclut pas totalement certains ajustements :
- En vertu d’une leçon tirée de l’engagement en Afghanistan, les effectifs du bataillon d’Infanterie vont être portés à 750 militaires contre 600 actuellement, ce qui confèrera aux unités une marge de manœuvre supplémentaire pour compenser pertes au combat et absentéisme ;
- Les 58 Squadron RAF Regiment (173 personnes à terme) et No 8 RAF Force Protection Wing Headquarters (état-major projetable capable de diriger des unités de protection des bases aériennes en zone de conflit) viennent d’être créés ; ces deux unités seront déployées en Afghanistan au mois d’avril 2011. Egalement rattaché au RAF Regiment, le RAF Chemical, Biological, Radiological and Nuclear Operations Squadron vient quant à lui d’être redésigné 26 Squadron RAF Regiment.
Il est intéressant d’observer qu’outre-Atlantique, diverses propositions ont parallèlement été formulées par Robert GATES, le Secrétaire à la Défense, dans ce qui est interprété comme une tentative de prendre les devants afin de désamorcer la prise de mesure encore plus drastiques par les élus du peuple. Ces propositions concernent :
- La dissolution du Joint Forces Command ;
- Une réduction du budget attribué aux sous-traitants de l’ordre de 10 % ;
- La suppression d’une cinquantaine de postes de généraux ainsi que d’amiraux ;
- La rationalisation des services de renseignement contrôlés par le Pentagone (suppression des redondances notamment).