Le sous-secrétaire américain à l’US Navy Bob WORK a fait savoir début août qu’un conseil dénommé Force Structure Review Group avait, en collaboration avec le Marine Corps Combat Development Command, reçu pour mandat d’examiner dans quelle direction devra évoluer l’USMC après le retrait des forces américaines d’Afghanistan, quelle que soit par ailleurs la date de celui-ci. Le travail va être effectué en tenant compte de six critères :
- Retour à un rôle au sein de la sphère navale qui se traduira par un resserrement des liens avec l’US Navy. Capacités de projection en unités d’un volume plus restreint à partir d’une multitude de plateformes navales aux caractéristiques diverses (Littoral Combat Ship, Joint High Speed Vessel par exemple) pour des opérations distribuées. On notera que cette orientation particulière cadre très bien avec l’évaluation du concept de Company Landing Team (voir à ce sujet le texte Compagnie indépendante expéditionnaire du 21 juillet) ;
- Meilleure densité des équipements, notamment en matière d’armement et de communications afin de permettre le déroulement d’opérations distribuées dans le cadre desquelles les unités sont plus dispersées qu’auparavant (encore une fois, voir à ce sujet le texte Compagnie indépendante expéditionnaire incluant une liste d’équipements évalués) ;
- Intégration plus poussée des drones dans les opérations. Rappelons que le drone Integrator développé par Insitu sur la base du ScanEagle vient d’être choisi fin juillet comme vainqueur dans le cadre de la première phase du programme Small Tactical Unmanned Air System qui vise à fournir un drone léger tactique commun à l’US Navy ainsi qu’à l’US Marine Corps. Cette première phase implique la fourniture d’un système complet à l’USMC pour une capacité opérationnelle initiale dans le courant de l’année fiscale 2013 ;
- Meilleure gestion de l’énergie notamment électrique indispensable au fonctionnement des systèmes ;
- Allègement des équipements ainsi que des véhicules (dans ce contexte, quid d’un blindé Expeditionary Fighting Vehicle au poids de 35 tonnes ?) ;
- La capacité de l’USMC à effectuer des assauts amphibies ainsi que des opérations visant à prendre pied en force chez l’ennemi sera conservée.
Reste à voir dans quelle mesure le contribuable américain se montrera suffisamment prodigue pour financer l’ensemble de ces impératifs. Car l’United States Marine Corps est embarqué dans des programmes dispendieux (notamment MV-22 Osprey, Expeditionary Fighting Vehicle et modernisation des avions d’arme pour faire la soudure avec un F-35 qui n’en finit pas de se faire attendre) ne laissant qu’une faible marge de manœuvre. On sait en particulier que le Secrétaire à la Défense Robert GATES a fait part de ses doutes quant à l’adéquation de l’Expeditionary Fighting Vehicle (EFV) aux contingences actuelles. Il semble du reste que la survie de l’engin fasse en ce moment l’objet, dans les couloirs du Pentagone, d’une véritable bataille de tranchées qui a inspiré ce commentaire à Loren THOMPSON, analyste au sein du Lexington Institute : « s’ils n’alignent pas un successeur à leurs véhicules amphibies obsolètes datant de la Guerre Froide, ils devront se résoudre à abandonner graduellement la mission qui a de toute éternité constitué la pierre angulaire de leur identité. La question est de déterminer si l’administration Obama est prête à engager les crédits nécessaires pour faire en sorte que les Etats-Unis continuent à tenir le rang qui est le leur dans le domaine de la guerre amphibie. »
|