WikiLeaks et bêtise américaine

© Jean-Jacques CECILE, 14 septembre 2010



C’est sans doute l’attitude la plus stupide que l’on ait jamais eu de mémoire d’homme. Suite à la divulgation de 77 000 documents (divers chiffres ont été publiés), la branche judiciaire de l’US Navy a ventilé en date du 29 juillet dernier (les premiers articles analysant le contenu des rapports étaient apparus en kiosque quatre jours auparavant) le message suivant dont des extraits ont été rendus publics par le Washington Times : « aucun personnel du Department of the Navy ne doit accéder au site Internet WikiLeaks pour prendre connaissance ou télécharger les informations classifiées dont il est question. Agir ainsi serait prendre le risque d’introduire des informations potentiellement classifiées sur des réseaux informatiques non protégés. Des rumeurs ont circulé qui tendent à répandre l’idée que les informations ne sont plus classifiées parce qu’elles sont maintenant dans le domaine public. Ce n’est pas vrai. » L’US Marine Corps est allé encore plus loin : ceux qui accèdent au site WikiLeaks en connaissance de cause sont menacés de sanctions telles que suspension des accréditations au secret, amendes voire mise en disponibilité administrative suivie d’une enquête criminelle pour les contractors. Résumons. Tous les journaux de la planète ont fait leurs choux gras de ces documents, ils ont été reproduits à l’encan, postés sur un nombre incalculable de sites web, ont fait l’objet d’une foultitude d’articles, ont été étudiés même par les Taliban et j’en passe et des meilleures. Après cela, il se trouve des gens assez stupides pour dire aux marins et nuques de cuirs américains : vous n’avez vous-mêmes pas le droit de consulter ces milliers de rapports dont toute la planète fait des gorges chaudes parce qu’ils sont encore considérés comme classifié ! A mon humble avis, les cranes d’œufs qui ont signé ces messages feraient mieux de quitter les forces armées afin de briguer une place de clown dans un cirque minable, ils y seraient plus à leur place. Sauf, bien entendu, à organiser un pèlerinage à Lourdes afin de prier pour la résurrection d’Idi Amin Dada qui se ferait alors un plaisir de les embaucher dans son état-major de Pieds Nickelés. A constater une telle stupidité, on commence à comprendre pourquoi, après presque 10 années de guerre, la situation va de mal en pis pour l’Oncle Sam en Afghanistan.