En s’exprimant dans le cadre des Rencontres parlementaires sur la Défense le 7 juin dernier, le ministre Gérard LONGUET ne s’est pas montré tendre à l’égard de la situation française en matière de drones MALE (Moyenne Altitude, Longue Endurance). Le moins que l’on puisse dire en ce qui concerne ses propos tels que rapportés par Jean GUISNEL sur son blog Défense Ouverte est qu’il n’a pas fait dans la nuance : il aurait en particulier accusé les forces armées (dont le rôle se limite pourtant à “faire” avec ce que les politiciens lui donnent, faut-il le rappeler) d’avoir « manqué il y a dix ans le rendez-vous » des engins aériens sans pilote, ajoutant que ceux dont disposent les militaires « ne répondent pas à cet instant à toutes les exigences de nos combattants » (surprise, surprise !). On reste coi devant une telle verve tant il semble surprenant qu’un ministre de la République française apparaisse s’étonner d’une telle situation alors même que les signaux d’avertissement (rappelons seulement l’existence d’un rapport du Sénat très critique envers le Harfang...) se sont multipliés sans que les gouvernements qui se sont succédés n’aient pris de véritables et concrètes mesures correctives. C’est sans doute pour tenter d’éviter que la solution d’achat sur étagère du MQ-9 (un Reaper volant sous les cocardes françaises pourrait être la vedette américaine d’un film intitulé Système intérimaire de drone MALE 2, le retour) apparaissent inévitable que, le même jour (vous avez dit bizarre ?), Dassault Aviation ainsi que BAE Systems ont conjointement présenté une proposition centrée autour du Telemos, un drone dérivé du Mantis. A huit tonnes pour 28 mètres d’envergure, le Telemos se situe à la frontière des catégories MALE et HALE (Haute Altitude, Longue Endurance), le champion incontesté au sein de cette dernière étant le RQ-4 Global Hawk. Justement : la couronne du roi vacille. Car très récemment, le général David EICHORN, commandant l’Air Force Operational Test and Evaluation Center, a publié suite à une campagne d’essais de la dernière version Block 30 un rapport en demi-teinte précisant que l’engin est « efficace mais avec des limitations significatives(...) et seulement capable d’accomplir partiellement les missions pour lesquelles il a été développé. » Un langage administratif signifiant que le Block 30 n’a finalement qu’un seul mérite, celui d’exister. Que reproche-t-on exactement au grand oiseau gris ? En particulier de multiples pannes concernant des sous-ensembles d’importance critique (lors de la campagne d’évaluation, le temps au-dessus de l’objectif a été réduit à 27 % alors que l’on s’attendait à atteindre 55 %), une mauvaise qualité de l’imagerie à longue distance et enfin les performances décevantes de l’Airborne Signals Intelligence Payload (ASIP, senseur de renseignement d’origine électromagnétique). Ce dernier constat est particulièrement gênant. Il faut en effet se souvenir que le Global Hawk a avant tout été développé afin de remplacer, à terme, l’avion-espion U-2. Or, celui-ci a été maintenu en service notamment parce que ses senseurs sont capables d’acquérir du renseignement d’origine électromagnétique, le relai devait justement être pris par le RQ-4 Block 30 équipé de l’ASIP. Il apparaît donc que les U-2 Dragon Lady aient encore de beaux jours devant eux...
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  | La version Block 30 du RQ-4 Global Hawk fait preuve de capacités qui ne sont pas jugées entièrement satisfaisantes. |
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