Energie et Department of Defense : quelques chiffres...

© Jean-Jacques CECILE, 30 juin 2011



En présentant le 14 juin dernier la nouvelle stratégie du Pentagone en matière d’énergie, le Deputy Defense Secretary William J. LYNN III a livré quelques chiffres qui en disent long sur l’intensité avec laquelle ce poste budgétaire pèse sur les finances du Department of Defense. Ces chiffres, les voici, tels quels : le département compte à hauteur de 80 % sur l’ensemble de l’énergie consommée par le gouvernement fédéral et à hauteur de 1 % sur la consommation de l’ensemble de la Nation ; le département a, l’année dernière, dépensé 15 milliards de dollars pour acheter son énergie, les opérations militaires comptant pour 75 % de cette somme ; les coûts supportés par le département en ce qui concerne l’essence sont en hausse de 225 % par rapport aux coûts du même poste budgétaire dix ans en arrière ; au moins 80 % des convois terrestres sillonnant les routes afghanes concernent l’acheminement du carburant, ces mêmes routes afghanes que les insurgés ont attaqué à 1 100 reprises l’année dernière soit par embuscades soit par pose d’engins explosifs improvisés. D’où l’importance de diverses initiatives ayant pour but de réduire autant que faire se peut la consommation énergétique des forces projetées, leur dépendance envers les énergies fossiles ou la nécessité de jeter sur des voies routières dangereuses un nombre sans cesse croissant de camions-citernes. Dans ce domaine, citons par exemple le programme exFOB (Experimental Forward Operating Base, vise à recourir aux énergies renouvelables afin d’assurer l’autonomie énergétique des bases opérationnelles avancées) ou encore un projet initié par la Defense Advanced Research Projects Agency et visant à développer les technologies indispensables à la conception de petits réacteurs nucléaires robustes, c’est le programme Small Rugged Reactor Technologies. Assaut reviendra prochainement sur cette problématique.