Drone terroriste

© Jean-Jacques CECILE, 02 novembre 2011



Rezwan FERDAUS, un Américain de 26 ans, a été arrêté par le FBI pour avoir, entre autres, formé de projet d’attaquer le Pentagone ainsi que le Capitole au moyen de trois modèles réduits d’avions télécommandés guidés par GPS et bourrés d’explosif C4. Le Department of Justice a précisé que l’apprenti terroriste avait d’ores et déjà acquis un modèle de F-86 Sabre tandis que divers clichés publiés dans la presse montrent également un F-4 Phantom. Selon l’AFP, les dimensions des engins sont les suivantes : 1,5 m à 2 m de long, et 1,20 à 1,60 m d’envergure. S’il est difficile de déterminer très exactement comment il avait l’intention de passer à l’acte, on ne peut qu’être dubitatif quant au procédé. Les modèles réduits ont en effet ce défaut majeur d’avoir une capacité d’emport très limitée ; du point de vue terroriste, ils ne peuvent donc être véritablement efficaces que lorsqu’utilisés contre une foule moyennement dense (lorsqu’elle est trop dense, une étude avait montré que les corps atteints font écran et empêchent de toucher un plus grand nombre d’individus) avec une charge munie de clous, de boulons, bref, de tout ce qui peut blesser ou tuer par projection (l’emport de ces “éclats” réduit d’autant plus la masse de la charge explosive). L’utilité d’un tel engin dans l’attaque de cibles d’infrastructure est en revanche moindre et nécessite en tout cas une précision que seul un guidage terminal peut fournir, le GPS n’étant généralement pas assez précis si l’on prétend maximiser les effets. Les terroristes ne s’y sont pas trompés qui ont jusqu’à présent été rares à suivre cette voie. Et même lorsqu’ils l’ont fait, on ne peut pas formellement affirmer qu’il s’agissait de perpétrer des attentats. Trois cas sont cependant avérés : utilisation de drones Mirsad et Ababil par le Hezbollah notamment en 2004 et 2006, acquisition de « deux petits appareils autoguidés » par la secte japonaise Aum Shinrikyo dans la première moitié des années 90 (il s’agissait en l’occurrence non pas d’attaques suicides par explosif mais de répandre des substances chimiques mortelles) et enfin découverte de neuf drones par les forces de sûreté colombiennes lorsqu’elles investissent un camp des Fuerzas Armadas Revolucionarias de Colombia (FARC) dans la province d’Arauca en septembre 2002. D’autres informations circulent çà et là mais leur crédibilité reste douteuse. Plus généralement, Louis MIZELL, un ancien officier de renseignement américain, a recensé 43 cas impliquant 14 groupes terroristes dans le contexte desquels l’emploi de vecteurs contrôlés à distance « a fait l’objet de menaces, a induit le développement d’un système ou a finalement été concrétisé ». Une formulation ratissant bien trop largement pour que l’on puisse tirer du constat des conclusions ayant une quelconque utilité.