Cerveaux branchés pour les analystes US

© Jean-Jacques CECILE, 22 novembre 2011



Comment faire pour qu’un spécialiste en matière d’interprétation puisse identifier plus rapidement une information intéressante dans un flot incessant d’imagerie défilant rapidement ? La Defense Advanced Research Projects Agency américaine cherche depuis 2005 à solutionner ce problème par le biais du programme Neurotechnology for Intelligence Analysts (NIA). Actuellement quasiment arrivé à terme, celui-ci consiste à développer un système qui, en enregistrant dans un environnement opérationnel les signaux produits par le cerveau puis en les exploitant, le tout en temps réel, permet de tagger les clichés méritant une exploitation ultérieure plus fine. Le principe est le suivant. une image de grande dimensions est fractionnée en plusieurs petites images qui sont “flashées” devant les yeux de l’analyste ; lorsque le cerveau de celui-ci repère un des objets recherchés (chars, avions, stock de munitions, etc.), il émet, en moins de 300 millisecondes soit avant même que ne se manifeste une réaction consciente, une onde qu’il suffit de capter puis d’interpréter par électroencéphalographie. Trois sociétés (Honeywell International, Teledyne Technologies et Neuromatters, cette dernière en collaboration avec la Columbia university) ont chacune fourni un prototype, les trois systèmes ayant fait l’objet d’évaluations entre les murs de la National Geospatial-Intelligence Agency (NGA). C’est cette dernière qui va prochainement décider en dernier ressort de mettre en service ou non l’un des trois systèmes proposés.