Satellite poids-plume

© Jean-Jacques CECILE, 23 novembre 2011



Surprise dans les allées de la conférence annuelle organisée par l’Association of the United States Army (AUSA) : l’US Army Space & Missile Defense Command/Army Forces Strategic Command (USASMDC/ARSTRAT) y présentait le microsatellite NanoEye. A 20,6 kg, il s’agit bien d’un microsatellite (classe 10 à 100 kg) et non pas, ainsi que son nom semble l’indiquer, d’un nanosatellite (classe 1 à 10 kg). Le but est de démontrer la possibilité de mettre à la disposition du fantassin à pied (d’où capacité à recevoir des images sur un ordinateur portable ou une tablette tactile à l’exemple de ce qui se fait avec les drones) un moyen ROIM (renseignement d’origine imagerie) spatial qui, depuis son orbite, devra fournir, en moins de dix minutes entre la transmission de la demande et la réception, des clichés concernant un objet d’intérêt au sol. On pourra cependant s’interroger sur la résolution (en principe inférieure au mètre) que l’on peut attendre d’un tel engin poids-plume. Le document distribué dans les couloirs de la conférence précise du reste que le NanoEye sera capable de descendre très bas (plus bas que jamais auparavant ?) afin de prendre des clichés plus précis. Trois de ses caractéristiques le permettent. Tout d’abord, le plein de propergol a une masse qualifiée de « significative » (plusieurs fois la masse à vide de 20,6 kg), ce qui permettra à l’engin de multiplier les changements orbitaux. Ensuite, “on” insiste sur le faible coût de production ainsi que sur la possibilité de « prolifération » à poste des engins de ce type. Enfin, la disposition des panneaux solaires confère au NanoEye une forme “aérodynamique”, qualité qui apparaît à première vue étrange s’agissant d’un satellite censé opérer dans le - relatif - vide spatial. Reste qu’en descendant trop bas, on prend le risque de perdre un satellite par freinage au fur et à mesure qu’augmente la densité de l’air. Justement : le document précise aussi que le système de propulsion servira, en fin de vie, à précipiter le NanoEye dans l’atmosphère afin d’éviter de multiplier le nombre des débris spatiaux. D’où la possibilité, qui n’est pas explicitement exprimée mais est néanmoins perceptible en filigrane, que l’engin puisse être considéré comme consommable dans la mesure où l’importance de la mission l’exigerait, par exemple si l’utilisation d’un NanoEye avait été jugée indispensable à la réussite de l’opération ayant abouti à la neutralisation de BEN LADEN.