CICADA pour Close In Covert Autonomous Disposable Aircraft : c’est le nom d’un drone très particulier concocté outre-Atlantique par le Naval Research Laboratory (NRL). L’engin est un planeur (donc dépourvu de motorisation) de petites dimensions (envergure de l’ordre de la vingtaine de centimètres) dont l’autopilote se résume à un circuit imprimé tenant lieu de structure, il est de ce fait très peu onéreux et utilisable en masse. Il peut être tiré par un canon (la version Mark 1 supporte une accélération de 10 000 G ; la technologie évoque celle développée dans le cadre des projets Gun Launched Unmanned Aerial Vehicle et Compact Aerial Vehicle - Shooter Linker), emporté par une munition guidée, largué depuis un C-130 ou un autre drone, celui-ci motorisé, ou encore “déposé” en altitude par un ballon météorologique. Justement : le NRL a récemment, dans le cadre du programme Autonomous Deployment Demonstration (ADD), expérimenté un scénario très spécifique. Un ballon météorologique a lâché à une altitude de 17 400 mètre un drone Tempest muni de deux CICADA sous les ailes, ceux-ci étant eux-mêmes largués ultérieurement. Les résultats (au total, huit largages par ballon ont été réalisés) ont montré qu’il était ainsi possible de positionner discrètement (faibles dimensions, absence de bruit de moteur) un senseur léger (ou un brouilleur) à moins de 4,6 mètres du point choisi après un vol de 55,6 kilomètres. Dans le cas d’un largage plus classique, un avion de transport peut emporter 8 900 CICADA susceptibles d’être munis de senseurs diversifiés que l’avenir pourrait voir collaborer entre eux. La version Mark 3 du CICADA a une finesse de 3,5 (3,5 mètres parcourus horizontalement pour un mètre de descente) et résiste à des vents de 40 nœuds (environ 74 km/h). Parallèlement, l’University of Florida est à la recherche d’un industriel en vue de la commercialisation d’un drone aérien miniature capable de se transformer (les ailes, notamment, sont rétractables) en un objet aussi banal qu’une cannette de soda après avoir atterri. D’autres “camouflages urbains” sont envisageables mais le but reste le même : effectuer des tâches de surveillance d’une manière très discrète. Anecdotique ? Pas tant que cela : l’utilisation d’une “cannette de surveillance” déposée manuellement est avérée dans au moins un cas, c’était en fin d’année 2000, non loin de Birmingham, en Grande-Bretagne. Des “privés” de The Surveillance Group, ex-SAS ou ex-SBS, avaient utilisé avec succès ce moyen afin de piéger une bande de monte-en-l’air ayant jeté son dévolu sur Egghill Estate, un lotissement de logements sociaux.
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 | Le “planeur autonome” CICADA en version Mark III. |
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